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dimanche 27 juillet 2008

La Casbah d’Alger : Un trésor caché

Entre palais ottomans, anciennes synagogues reconverties en mosquées, cette Casbah, qui est la plus grande du Maghreb, est une véritable mosaïque de couleurs et de diversités culturelles. Classée patrimoine mondial de l’Unesco, elle recèle de véritables bijoux pour les regards les plus curieux.

« Sésame ouvres-toi », laissons-nous nous perdre dans des ruelles gorgées de mystères… De la place des Martyrs, au pied de La Casbah, il est facile de se rendre compte de l’immensité de cette ancienne cité mauresque (60 ha). Le premier monument que l’on aperçoit est la mosquée de Ketchaoua construite en 1794. Elle fut transformée en cathédrale pendant la période coloniale, puis reprise par le culte musulman à l’indépendance. Monument matériel et historique, entre les pans de ses murs se cache l’histoire des frères Barberousse (fondateurs de la Régence d’Alger) et des deys ottomans qui ont laissé derrière eux bon nombre de palais.

Pittoresque patio
Une fois rentré dans les ruelles alentours, le reste de la ville se referme derrière le visiteur pour mieux l’accueillir dans les entrailles tortueuses et mystérieuses de La Casbah. Perchées en hauteur, les constructions sont des chefs-d’œuvre d’ingéniosité, puisque la plupart se situent sur des pentes raides et trouvent leur équilibre en se soutenant mutuellement, et quand l’une s’écroule, il arrive souvent qu’elle entraîne sa voisine dans son implacable chute. Un peu plus loin, un premier palais s’offre au flâneur. Rien n’indique qu’à l’intérieur de ses murs, aujourd’hui souffreteux, existe une douéra riche en faïence d’Elfe, marbre d’Italie et fontaines. Construites autour d’une cour intérieure, les salles arborent un décor infiniment détaillé, il suffit de lever la tête pour voir des arabesques sculptées à même le plafond ou encore des poutres ancrées depuis cinq siècles. Passé le premier étage, on accède à la terrasse avec une vue imprenable sur la baie d’Alger et sur les minarets des mosquées dressés tels des phares sur les toits de la ville. Au sortir du palais, l’esprit encore imprégné de l’élégance mauresque, il est possible de croiser sur son chemin une vieille dame portant encore l’habit traditionnel algérois. Dissimulée derrière un très grand voile immaculé la recouvrant de la tête aux pieds, le visage caché derrière le foulard, elle affiche un regard perçant. Encore quelques pas et l’on peut rencontrer un autre personnage, M. Tchoubane, le dernier véritable artisan de la vieille ville, encore au travail à 94 ans.

Le temps semble s’être arrêté dans cet atelier où il façonne le bois depuis plus de soixante-dix ans. Il est attaché à ses habitudes comme des repères dans une Casbah qui a connu beaucoup de changements irréversibles en si peu de temps. La modernité venue, à grands pas, n’a pas été un atout comme dans d’autres lieux ancestraux et touristiques, mais un élément de défiguration. Menacée d’être déclassée patrimoine mondial de l’Unesco, en raison des nombreux fonds destinés à la restauration qui n’ont, toujours pas eu effet sur le délabrement, La Casbah est en danger de mort. Sur les 8000 habitations répertoriées en 1830, il n’en reste aujourd’hui plus que 600. Il est presque ulcérant pour les anciennes familles habitant les lieux depuis des générations de voir autant de richesses disparaître faute de ne pas avoir réagi à temps, l’un des vestiges d’autant plus essentiel et leur sens de la culture indéniable qu’ils partageront volontiers avec l’étranger respectueux. « Les anciens nous donnaient l’impression d’avoir fait le tour du monde sans jamais avoir quitté La Casbah » , explique Kechkoul Roudouan, qui vit toujours dans la ruelle qui l’ a vue naître. Malgré ces innombrables pertes, une première visite dans La Casbah d’Alger restera sans doute dans la mémoire du visiteur, tant elle le fait voyager à travers les âges et les rouages de l’histoire qui ne cessent de la hanter.
[ source ]
Par D. R. Laoufi
El Watan, édition du 27 Juillet 2008

vendredi 13 juin 2008

La Casbah : Opération de restauration délicate

Après la chute d’une partie de la balustrade et de la corniche au niveau des combles de la Chambre de commerce (ex-Palais consulaire), les deux minarets de la mosquée Ketchaoua et le clocher du minaret de Djamaâ Jdid sont ébranlés, d’où risque d’éboulement.

La direction de la culture de la wilaya a engagé un bureau d’études pour prendre en charge les deux opérations délicates, qui mobiliseront une enveloppe de quelque 25 millions de dinars, selon le chef de projet Cneru du secteur de sauvegarde de La Casbah, Abdelouahab Zekagh. La première opération, qui concerne la Chambre de commerce, consiste « à effectuer un cerclage métallique d’urgence de l’extérieur vers l’intérieur de la balustrade ; quant aux travaux de restauration des ouvrages des édifices culturels sus-cités, l’intervention est un peu spéciale, voire à la limite du chirurgical », précise M. Zekagh. Par ailleurs, il y a lieu de signaler qu’en aval de l’ex-boulevard de la Victoire (Haute Casbah), des vestiges témoignent d’un ouvrage de l’époque. Il s’agit d’un topanet (batterie) qui vient de faire l’objet d’une réhabilitation gauche. Ni le BET ni l’entrepreneur chargé de l’opération n’ont jugé utile de restituer les merlons (partie pleine d’un parapet entre deux créneaux) de l’ouvrage et ce, en respectant le caractère authentique des éléments architectoniques. Pour rappel, la mosquée Ketchaoua fut bâtie au XVIIe siècle (selon certaines sources historiques) par le dey Baba Hassan. La bâtisse fut transformée en 1832 en lieu de culte catholique et baptisée cathédrale Saint Philippe, avant d’être récupérée à l’Indépendance. Edifice surprenant par le mélange des styles romano-byzantin et turco-arabe, la mosquée Ketchaoua fut le centre d’un quartier animé entre la citadelle et la rade d’Alger. Quant à la mosquée dite Djamaâ Jdid, de rite hanafite, elle a été construite en 1660.
[ source ]
Par M. Tchoubane


El Watan, Edition du 13 Juin 2008

samedi 26 janvier 2008

La Ville Haute (1)


La partie haute de la ville est celle qui a le mieux conservée son caractère architectural ancien. Elle a pour limite, les rues Amara Ali (ex.rue Randon) et Abderrahmane Arbadji (ex.rue Marengo), les boulevards Hahad Abderrezak (ex.Bd de Verdun), de la Victoire et Ourida Meddad (ex.Bd Gambetta). On y accède par les rues Hamidouche Sidi Driss (ex.rue de la Casbah) et Abderrahmane Arbadji (ex.rue Marengo) et par les rues Rabah Riah (ex.rue Porte Neuve) et Ahmed Allem (ex. rue Médée) dans la rue Ali Amara (ex.rue Randon). Toutes ces rues aboutissent au Boulevard de la Victoire et à la Casbah, ce qui fait que nul ne peut se perdre : s'il monte, il rencontrera toujours la vieille ville jusqu'à la Citadelle, et s'il descend la rue Arbadji (ex.rue Marengo)ou Amara Ali (ex.rue Randon), il débouchera finalement sur la place des Martyrs (ex.Place du Gouvernement).
Les rues ou ruelles, en escalier, donnent au vieil Alger un aspect particulier, elles serpentent, tournent sur elles-mêmes, présentent des pentes ou descentes abruptes, se terminent en impasse. Elles sont généralement silencieuses, mais certaines sont un peu plus animées avec leurs boutiques d'épicier, de fruitier, de marchand de sucreries...
A cet aspect urbain, s'ajoutent un certain nombre de monuments :
(la suite : La Citadelle ...)